domingo, fevereiro 20, 2005


Claudine Doury


IX


no país no país no país onde os homens
são só até ao joelho
e o joelho que bom é só até à ilharga
conto os meus dias tangerinas brancas
e vejo a noite Cadillac obsceno
a rondar os meus dias tangerinas brancas
para um passeio na estrada Cadillac obsceno


e no país no país e no país país
onde as lindas lindas raparigas são só até ao pescoço
e o pescoço que bom é só até ao artelho
ao passo que o artelho, de proporções mais nobres,
chega a atingir o cérebro e as flores da cabeça,
recordo os meus amores liames indestrutíveis
e vejo uma panóplia cidadã do mundo
a dormir nos meus braços liames indestrutíveis
para que eu escreva com ela, só até à ilharga,
a grande história de amor só até ao pescoço


e no pais no pais que engraçado no pais
onde o poeta o poeta é só até à plume
e a plume que bom é só até ao fantasma
ao passo que o fantasma - ora ai está -
não é outro senão a divina criança (prometida)
uso os meus olhos grandes bons e abertos
e vejo a noite (on ne passe pas)


diz que grandeza de alma. Honestos porque
Calafetagem por motivo de obras.
relativamente queda de água
e já agora há muito não é doutra maneira
no pais onde os homens são só até ao joelho
e o joelho que bom está tão barato

Mário Cesariny de Vasconcelos

domingo, fevereiro 06, 2005


Michael Ackerman


A Lua e o Teixo


Esta é a luz do espírito, fria e planetária.
As árvores do espírito são negras. A luz é azul.
As ervas descarregam o seu pesar a meus pés como se eu fosse Deus,
picando-me os tornozelos e sussurrando a sua humildade.
Destiladas e fumegantes neblinas povoam este lugar
que uma fila de lápides separa da minha casa.
Só não vejo para onde ir.

A lua não é uma saída. É um rosto de pleno direito,
branco como o nó dos nossos dedos e terrivelmente perturbado.
Arrasta o mar atrás de si como um negro crime; está mudo
com os lábios em O devido a um total desespero. Vivo aqui.
Por duas vezes, ao domingo, os sinos perturbam o céu:
oito línguas enormes confirmando a Ressurreição.
Por fim, fazem soar os seus nomes solenemente.

O teixo aponta para o alto. Tem uma forma gótica.
Os olhos seguem-no e encontram a lua.
A lua é minha mãe. Não é tão doce como Maria.
As suas vestes azuis soltam pequenos morcegos e mochos.
Como gostaria de acreditar na ternura...
O rosto da efígie, suavizado pelas velas,
é, em particular, para mim que desvia os olhos ternos.

Caí de muito longe. As nuvens florescem,
azuis e místicas sobre o rosto das estrelas.
No interior da igreja, os santos serão todos azuis,
pairando com os seus pés frágeis sobre os bancos frios,
as mãos e os rostos rígidos de santidade.
A lua nada disto vê. É calva e selvagem.
E a mensagem do teixo é negra: negra e silenciosa.


Sylvia Plath



domingo, janeiro 30, 2005


Graffiti de Mai 1968


Dans le décor spectaculaire, le regard ne rencontre que les choses et leur prix.
Métro, boulot, dodo.
Et cependant tout le monde veut respirer et personne ne peut respirer et beaucoup disent « nous respirerons plus tard ». Et la plupart ne meurent pas car ils sont déjà morts.
L’ennui est contre-révolutionnaire.
Nous ne voulons pas d’un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui.
Nous voulons vivre.
Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.
Dans une société qui abolit toute aventure, la seule aventure possible c’est l’abolition de cette société.
L’émancipation de l’homme sera totale ou ne sera pas.
Ceux qui font les révolutions à moitié ne font que se creuser un tombeau.
Pas de replâtrage, la structure est pourrie.
Le masochisme aujourd’hui prend la forme du réformisme.
Réforme mon cul.
La révolution est incroyable parce que vraie.
Je suit venu. J’ai vu. J’ai cru.
Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !
Vite !
Pourvu qu’ils nous laissent le temps...
En tout cas pas de remords !
Déjà dix jours de bonheur.
Vivre au présent.
Camarades, si tout le peuple faisait comme nous...
On ne revendiquera rien, on ne demandera rien. On prendra, on occupera.
À bas l’État.
Quand l’assemblée nationale devient un théâtre bourgeois, tous les théâtres bourgeois doivent devenir des assemblées nationales. [À l’entrée de l’Odéon.]
Plebicit : qu’on dise oui qu’on dise non il fait de nous des cons.
Il est douloureux de subir les chefs, il est encore plus bête de les choisir.
Ne changeons pas d’employeurs, changeons l’emploi de la vie.
Ne me libère pas, je m’en charge.
Je ne suis pas au service de personne (pas même du peuple et encore moins de ses dirigeants) ; le peuple se servira tout seul.
Abolition de la société de classes.
La Nature n’a fait ni serviteurs ni maîtres, je ne veux donner ni recevoir d’ordres.
Un bon maître, nous en aurons un dès que chacun sera le sien.
« Dans la révolution, il y a deux sortes de gens : ceux qui la font, et ceux qui en profitent. » (Napoléon)
Attention : les arrivistes et les ambitieux peuvent se travestir en prenant un masque « socialard ».
Ne nous laissons pas bouffer par les politicards et leur démagogie boueuse. Ne comptons que sur nous mêmes. Le socialisme sans la liberté, c’est la caserne.
Tout pouvoir abuse. Le pouvoir absolu abuse absolument.
Nous voulons les structures au service de l’homme et non pas l’homme au service des structures.
La révolution n’est pas seulement celle des comités mais avant tout la vôtre.
La politique se passe dans la rue.
La barricade ferme la rue mais ouvre la voie.
Notre espoir ne peut venir que des sans-espoir.
Est prolétaire celui qui n’a aucun pouvoir sur l’emploi de sa vie et qui le sait.
Ne travaillez jamais.
Les gens qui travaillent s’ennuient quand ils ne travaillent pas. Les gens qui ne travaillent pas ne s’ennuient jamais.
Travailleurs de tous les pays, amusez-vous !
[Workers of all countries, enjoy!]
Depuis 1936 j’ai lutté pour les augmentations de salaire. Mon père avant moi a lutté pour les augmentations de salaire. Maintenant j’ai une télé, un frigo, un VW. Et cependant j’ai vécu toujours la vie d’un con. Ne négociez pas avec les patrons. Abolissez-les.
[Since 1936 I have fought for wage increases. My father before me fought for wage increases. Now I have a TV, a fridge, a Volkswagen. Yet my whole life has been a drag. Don’t negotiate with the bosses. Abolish them.]
Le patron a besoin de toi, tu n’as pas besoin de lui.
C’est en arrêtant nos machines dans l’unité que nous démontrons leur faiblesse.
Occupation des usines.
Tout le pouvoir aux conseils ouvriers (un enragé).
Tout le pouvoir aux conseils enragés (un ouvrier).
Travailleur : tu as 25 ans mais ton syndicat est de l’autre siècle.
Les syndicats sont des bordels.
Camarades, lynchons Séguy !
Veuillez laisser le Parti communiste aussi nette en en sortant que vous voudriez le trouver en y entrant.
[Please leave the Communist Party as clean on leaving it as you would like to find it on entering.]
Staliniens, vos fils sonts avec nous !
L’homme n’est ni le bon sauvage de Rousseau, ni le pervers de l’église et de La Rochefoucauld. Il est violent quand on l’opprime, il est doux quand il est libre.
« Le combat est père de toute chose. » (Héraclite)
Si besoin était de recourir à la force, ne restez pas au milieu.
Soyons cruels.
L’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier capitaliste aura été pendu avec les tripes du dernier bureaucrate.
Quand le dernier des sociologues aura été pendu avec les tripes du dernier bureaucrate, aurons-nous encore des « problèmes » ?
La passion de la destruction est une joie créatrice. (Bakounine)
Un seul week-end non révolutionnaire est infiniment plus sanglant qu’un mois de révolution permanente.
Les larmes des Philistins sont le nectar des dieux.
Cela nous concerne tous.
[Ou bien Cela te concerne aussi./This concerns everyone.]
Nous sommes tous des juifs allemands.
Nous refusons d’être H.L.M.isés, diplomés, recensés, endoctrinés, sarcellisés, sermonnés, matraqués, télémanipulés, gazés, fichés.
Nous sommes tous des « indésirables ».
Nous devons rester « inadaptés ».
[We must remain "unadapted."]
La forêt précède l’homme, le désert le suit.
Sous les pavés, la plage.
Le béton éduque l’indifférence.
[ou le bâton, d’après quelques sources]
Ici, bientôt, de charmantes ruines.
Belle, peut-être pas, mais ô combien charmant. La vie contre la survie.
« Je me propose d’agiter et d’inquiéter les gens. Je ne vends pas le pain mais la levure. » (Unamuno)
Le conservatisme est synonyme de pourriture et de laideur.
Vous êtes creux.
Vous finirez tous par crever du confort.
Cache-toi, objet !
Non à la révolution en cravate.
Une révolution qui demande que l’on se sacrifie pour elle est une révolution à la papa.
La révolution cesse dès l’instant qu’il faut se sacrifier pour elle.
La perspective de jouir demain ne me consolera jamais de l’ennui d’aujourd’hui.
Quand les gens s’aperçoivent qu’ils s’ennuient, ils cessent de s’ennuyer.
Le bonheur est une idée neuve.
Vivre sans temps mort.
Ceux qui parlent de révolution et de lutte des classes sans se référer à la réalité quotidienne parlent avec un cadavre dans la bouche.
La culture est l’inversion de la vie.
La poésie est dans la rue.
La plus belle sculpture, c’est le pavé qu’on jette sur la gueule des flics.
L’art est mort, ne consommez pas son cadavre.
L’art est mort, libérons notre vie quotidienne.
L’art est mort. Godard n’y pourra rien.
Godard : le plus con des Suisses pro-chinois !
Vibration permanente et culturelle.
Nous voulons une musique sauvage et éphémère. Nous proposons une régénération fondamentale : grève de concerts des meetings sonores : séances d’investigation collectives suppression du droit d’auteur, les structures sonores appartiennent à chacun.
L’anarchie, c’est je.
Révolution, je t’aime.
À bas le sommaire, vive l’éphémère. —Jeunesse Marxiste Pessimiste.
Ne consommons pas Marx.
Je suis marxiste tendance Groucho.
Je prends mes désirs pour la réalité car je crois en la réalité de mes désirs.
Désirer la réalité, c’est bien ! Réaliser ses désirs, c’est mieux !
Prenez vos désirs pour des réalités.
Je décrète l’état de bonheur permanent.
Soyez réalistes, demandez l’impossible.
L’imagination au pouvoir.
Manquer d’imagination, c’est ne pas imaginer le manque.
Imagination n’est pas don mais par excellence objet de conquête. (Breton)
L’action ne doit pas être une réaction mais une création.
L’action permet de surmonter les divisions et de trouver des solutions.
Exagérer, c’est commencer d’inventer.
L’ennemi du mouvement, c’est le scepticisme. Tout ce qui a été réalisé vient du dynamisme qui découle de la spontanéité.
Ici, on spontane.
« Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile dansante. » (Nietzsche)
Il faut systématiquement explorer le hasard.
L’alcool tue. Prenez du L.S.D.
Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre braguette.
« Toute vue des choses qui n’est pas étrange est fausse. » (Valéry)
La vie est ailleurs.
Oubliez tout ce que vous avez appris. Commencez par rêver.
Formons des comités de rêves.
Ôsons ! Ce mot renferme toute la politique de cette heure. (Saint-Just)
Debout les damnés de l’Université.
Les étudiants sont cons.
L’aptitude de l’étudiant à faire un militant de tout acabit en dit long sur son impuissance. —Les filles enragées.
Professeurs, vous nous faites vieillir.
Fin de l’Université.
Violez votre Alma Mater.
Et si on brûlait la Sorbonne ?
Professeurs vous êtes aussi vieux que votre culture, votre modernisme n’est que la modernisation de la police.
Nous refusons le rôle qu’on nous assigne : nous ne serons pas des chiens policiers.
[We refuse the role assigned to us: we will not be trained as police dogs.]
Nous ne voulons pas être les chiens de garde ni les serviteurs du capitalisme.
[We don’t want to be the watchdogs or servants of capitalism.]
Examens = servilité, promotion sociale, société hiérarchisée.
Quand on vous examine, répondez avec des questions.
[When examined, answer with questions.]
L’insolence est la nouvelle arme révolutionnaire.
Tout enseignant est enseigné. Tout enseigné est enseignant.
La vieille taupe de l’histoire semble bel et bien ronger la Sorbonne. Télégramme de Marx, 13 mai 1968.
Une pensée qui stagne est une pensée qui pourrit.
Pour mettre en question la société où l’on « vit », il faut d’abord être capable de se mettre en question soi-même.
Prenons la révolution au sérieux mais ne nous prenons pas au sérieux.
Les murs ont des oreilles. Vos oreilles ont des murs.
Construire une révolution c’est aussi briser toutes les chaînes intérieures.
Un flic dort en chacun de nous, il faut le tuer.
Chassez le flic de votre tête.
La religion est l’escroquerie suprême.
[Religion is the ultimate con.]
Ni dieu ni maître.
Même si Dieu existait il faudrait le supprimer.
Savez-vous qu’il existait encore des chrétiens ?
À bas le crapaud de Nazareth.
Comment penser librement à l’ombre d’une chapelle ?
Nous voulons un endroit pour pisser, non pour prier.
[We want a place to piss, not a place to pray.]
Dieu, je vous soupçonne d’être un intellectuel de gauche.
La bourgeoisie n’a pas d’autre plaisir que celui de les dégrader tous.
Les motions tuent l’émotion.
Luttons contre la fixation affective qui paralyse nos potentialités. —Comité des femmes en voie de libération.
Les réserves imposées au plaisir excite le plaisir de vivre sans réserve.
Plus je fais l’amour, plus j’ai envie de faire la révolution. Plus je fais la révolution, plus j’ai envie de faire l’amour.
SEXE : C’est bien, a dit Mao, mais pas trop souvent.
Camarades, 5 heures de sommeil sur 24 sont indispensables : nous comptons sur vous pour la révolution.
Embrace ton amour sans lâcher ton fusil.
Je t’aime !!! Oh! dites-le avec des pavés !!!
Je jouis dans les pavés.
Jouir sans entraves.
Camarades, l’amour se fait aussi à Sc. Po, pas seulement aux champs.
Jeunes femmes rouges, toujours plus belles.
Zelda, je t’aime ! À bas le travail !
Les jeunes font l’amour, les vieux font des gestes obscènes.
Make love, not war.
Qui parle de l’amour détruit l’amour.
À bas la société de consommation.
Consommez plus, vous vivrez moins.
La marchandise est l’opium du peuple.
La marchandise, on la brûlera.
On achète ton bonheur. Vole-le.
Voir Nanterre et vivre. Allez mourir à Naples avec le Club Méditerranée.
Etes-vous des consommateurs ou bien des participants ?
Être libre en 1968, c’est participer.
Je participe. Tu participes. Il participe. Nous participons. Vous participez. Ils profitent.
L’âge d’or était l’âge où l’or ne régnait pas.
« C’est parce que la propriété existe qu’il y a des guerres, des émeutes et des injustices. » (Saint Augustin)
Si tu veux être heureux pends ton propriétaire.
Millionnaires de tous les pays, unissez-vous, le vent tourne.
L’économie est blessée, qu’elle crève !
Que c’est triste d’aimer le fric.
Vous aussi vous pouvez voler.
« Amnistie : acte par lequel les souverains pardonnent le plus souvent les injustices qu’ils ont commises. » (Ambrose Bierce)
[La définition dans le Devil’s Dictionary de Bierce est plus précisément : « magnanimité de l’État envers les contrevenants qu’il serait trop coûteux de punir ».]
Abolition de l’aliénation.
L’obéissance commence par la conscience et la conscience par la désobéissance.
Désobéir d’abord : alors écris sur les murs (Loi du 10 Mai 1968.)
J’aime pas écrire sur les murs.
Écrivez partout !
Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
Je ne sais pas qu’écrire mais j’aimerais en dire de belles choses et je ne sais pas.
On n’a... pas le temps d’écrire !!!
J’ai quelque chose à dire mais je ne sais pas quoi.
La liberté, c’est le droit au silence.
Vive la communication, à bas la télécommunication.
[Long live communication, down with telecommunication.]
Toi, mon camarade, toi que j’ignorais derrière les turbulences, toi jugulé, apeuré, asphyxié, viens, parle à nous.
Parlez à vos voisins.
Hurle.
Créez.
Regardez en face !!!
Participons au balayage. Il n’y a pas de bonnes ici.
La révolution, c’est une INITIATIVE.
Le discours est contre-révolutionnaire.
Bannissons les applaudissements, le spectacle est partout.
Ne nous attardons pas au spectacle de la contestation mais passons à la contestation du spectacle.
À bas la société spectaculaire-marchande.
À bas les journalistes et ceux qui veulent les ménager.
Seule la vérité est révolutionnaire.
Il est interdit d’interdire.
La liberté est le crime qui contient tous les crimes. C’est notre arme absolu.
La liberté d’autrui étend la mienne à l’infini.
Pas de liberté aux ennemis de la liberté.
Libérez nos camarades.
Ouvrons les portes des asiles, des prisons, et autres Facultés.
Ouvrez les fenêtres de votre coeur.
Les frontières on s’en fout.
On ne peut plus dormir tranquillement dès qu’on s’est subitement ouvert les yeux.
[You can no longer sleep quietly once you’ve suddenly opened your eyes.]
L’avenir ne contiendra que ce que nous y mettrons maintenant.
[The future will only contain what we put into it now.]


Ces graffiti sont tirés principalement de L’imagination au pouvoir de Walter Lewino (Losfeld, 1968), Les murs ont la parole de Julien Besançon (Tchou, 1968), Paris ’68 de Marc Rohan (Impact, 1968), Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations de René Viénet (Gallimard, 1968), Paris: May 1968 de Maurice Brinton (Solidarity, 1968), et Mai 1968 : brûlante nostalgie de Gérard Lambert (Pied de nez, 1988). Il s’agit des versions originales de la sélection que j’ai traduit en anglais. Dans quelques cas où je n’ai trouvé les graffiti que déjà traduits dans des publications anglais (notamment celle de Brinton) sans réussir à retrouver la version originale, j’ai dû retraduire la version anglaise en français (suivie de la version anglaise), en espérant que quelqu’un me communiquera la version originale exacte. (http://bopsecrets.org/French/graffiti.htm)

Anti-copyright

domingo, janeiro 23, 2005



Filip Naudts

sábado, janeiro 22, 2005



Enquanto longe divagas


I
Enquanto longe divagas
E através de um mar desconhecido esqueces a palavra
- Enquanto vais à deriva das correntes
E fugitivo perseguido por inomeadas formas
A ti próprio te buscas devagar
- Enquanto percorres os labirintos da viagem
E no país de treva e gelo interrogas o mudo rosto das sombas
- Enquanto tacteias e duvidas e te espantas
E apenas como um fio te guia a tua saudade da vida
Enquanto navegas em oceanos azuis de rochas negras
E as vozes da casa te invocam e te seguem
Enquanto regressas como a ti mesmo ao mar
E sujo de algas emerges entorpecido e como drogado
- Enquanto naufragas e te afundas e te esvais
E na praia que é teu leito como criança dormes
E devagar devagar a teu corpo regressas
Como jovem toiro espantado de se reconhecer
E como jovem toiro sacodes o teu cabelo sobre os olhos
E devagar recuperas tua mão teu gesto
E teu amor das coisas sílaba por sílaba


II

O meu amor da vida está paralisado pelo teu sono
É como ave no ar veloz detida
Tudo em mim se cala para escutar o chão do teu regresso


III

Pois no ar estremece tua alegria
- Tua jovem riqueza de arbusto -
A luz espera teu perfil teu gesto
Teu ímpeto tua fuga e desafio
Tua inteligência tua argúcia teu riso

Como ondas do mar dançam em mim os pés do teu regresso

Sophia de Mello Breyner Andresen

sexta-feira, abril 23, 2004


Ian Teh


Despede nisto o fero moço as setas
Uma após outra: geme o mar com os tiros;
Direitas pelas ondas inquietas
Algumas vão, e algumas fazem giros;
Caem as Ninfas, lançam das secretas
Entranhas ardentíssimos suspiros;
Cai qualquer, sem ver o vulto que ama:
Que tanto, como a vista, pode a fama.


Os cornos ajuntou da ebúrnea lua
Com força o moço indômito excessiva,
Que Tethys quer ferir mais que nenhuma,
Porque mais que nenhuma lhe era esquiva.
Já não fica na aljava seta alguma,
Nem nos equóreos campos Ninfa viva;
E se feridas ainda estão vivendo,
Será para sentir que vão morrendo.


Os Lusíadas, Canto XIX
Luiz Vaz de Camões


quarta-feira, março 31, 2004




Hugues De Wurstemberger

segunda-feira, março 29, 2004




Denis Darzacq

terça-feira, março 23, 2004

O Amor em Vista


Dai-me uma jovem mulher com sua harpa de sombra
e seu arbusto de sangue. Com ela
encantarei a noite.
Dai-me uma folha viva de erva, uma mulher.
Seus ombros beijarei, a pedra pequena
do sorriso de um momento.
Mulher quase incriada, mas com a gravidade
de dois seios, com o peso lúbrico e triste
da boca. Seus ombros beijarei.


Cantar? Longamente cantar,
Uma mulher com quem beber e morrer.
Quando fora se abrir o instinto da noite e uma ave
o atravessar trespassada por um grito marítimo
e o pão for invadido pelas ondas,
seu corpo arderá mansamente sob os meus olhos palpitantes
ele - imagem inacessível e casta de um certo pensamento
de alegria e de impudor.


Seu corpo arderá para mim
sobre um lençol mordido por flores com água.
Ah! em cada mulher existe uma morte silenciosa;
e enquanto o dorso imagina, sob nossos dedos,
os bordões da melodia,
a morte sobe pelos dedos, navega o sangue,
desfaz-se em embriaguez dentro do coração faminto.
- Ó cabra no vento e na urze, mulher nua sob
as mãos, mulher de ventre escarlate onde o sal põe o espírito,
mulher de pés no branco, transportadora
da morte e da alegria.


Dai-me uma mulher tão nova como a resina
e o cheiro da terra.
Com uma flecha em meu flanco, cantarei.


E enquanto manar de minha carne uma videira de sangue,
cantarei seu sorriso ardendo,
suas mamas de pura substância,
a curva quente dos cabelos.
Beberei sua boca, para depois cantar a morte
e a alegria da morte.


Dai-me um torso dobrado pela música, um ligeiro
pescoço de planta,
onde uma chama comece a florir o espírito.
À tona da sua face se moverão as águas,
dentro da sua face estará a pedra da noite.
- Então cantarei a exaltante alegria da morte.


Nem sempre me incendeiam o acordar das ervas e a estrela
despenhada de sua órbita viva.


- Porém, tu sempre me incendeias.
Esqueço o arbusto impregnado de silêncio diurno, a noite
imagem pungente
com seu deus esmagado e ascendido.
- Porém, não te esquecem meus corações de sal e de brandura.


Entontece meu hálito com a sombra,
tua boca penetra a minha voz como a espada
se perde no arco.
E quando gela a mãe em sua distância amarga, a lua
estiola, a paisagem regressa ao ventre, o tempo
se desfibra - invento para ti a música, a loucura
e o mar.


Toco o peso da tua vida: a carne que fulge, o sorriso,
a inspiração.
E eu sei que cercaste os pensamentos com mesa e harpa.
Vou para ti com a beleza oculta,
o corpo iluminado pelas luzes longas.
Digo: eu sou a beleza, seu rosto e seu durar. Teus olhos
transfiguram-se, tuas mãos descobrem
a sombra da minha face. Agarro tua cabeça
áspera e luminosa, e digo: ouves, meu amor?, eu sou
aquilo que se espera para as coisas, para o tempo -
eu sou a beleza.
Inteira, tua vida o deseja. Para mim se erguem
teus olhos de longe. Tu própria me duras em minha velada beleza.


Então sento-me à tua mesa. Porque é de ti
que me vem o fogo.
Não há gesto ou verdade onde não dormissem
tua noite e loucura,
não há vindima ou água
em que não estivesses pousando o silêncio criador.
Digo: olha, é o mar e a ilha dos mitos
originais.
Tu dás-me a tua mesa, descerras na vastidão da terra
a carne transcendente. E em ti
principiam o mar e o mundo.


Minha memória perde em sua espuma
o sinal e a vinha.
Plantas, bichos, águas cresceram como religião
sobre a vida - e eu nisso demorei
meu frágil instante. Porém
teu silêncio de fogo e leite repõe
a força maternal, e tudo circula entre teu sopro
e teu amor. As coisas nascem de ti
como as luas nascem dos campos fecundos,
os instantes começam da tua oferenda
como as guitarras tiram seu início da música nocturna.


Mais inocente que as árvores, mais vasta
que a pedra e a morte,
a carne cresce em seu espírito cego e abstracto,
tinge a aurora pobre,
insiste de violência a imobilidade aquática.
E os astros quebram-se em luz sobre
as casas, a cidade arrebata-se,
os bichos erguem seus olhos dementes,
arde a madeira - para que tudo cante
pelo teu poder fechado.
Com minha face cheia de teu espanto e beleza,
eu sei quanto és o íntimo pudor
e a água inicial de outros sentidos.


Começa o tempo onde a mulher começa,
é sua carne que do minuto obscuro e morto
se devolve à luz.
Na morte referve o vinho, e a promessa tinge as pálpebras
com uma imagem.
Espero o tempo com a face espantada junto ao teu peito
de sal e de silêncio, concebo para minha serenidade
uma ideia de pedra e de brancura.
És tu que me aceitas em teu sorriso, que ouves,
que te alimentas de desejos puros.
E une-se ao vento o espírito, rarefaz-se a auréola,
a sombra canta baixo.


Começa o tempo onde a boca se desfaz na lua,
onde a beleza que transportas como um peso árduo
se quebra em glória junto ao meu flanco
martirizado e vivo.
- Para consagração da noite erguerei um violino,
beijarei tuas mãos fecundas, e à madrugada
darei minha voz confundida com a tua.


Oh teoria de instintos, dom de inocência,
taça para beber junto à perturbada intimidade
em que me acolhes.


Começa o tempo na insuportável ternura
com que te adivinho, o tempo onde
a vária dor envolve o barro e a estrela, onde
o encanto liga a ave ao trevo. E em sua medida
ingénua e cara, o que pressente o coração
engasta seu contorno de lume ao longe.
Bom será o tempo, bom será o espírito,
boa será nossa carne presa e morosa.
- Começa o tempo onde se une a vida
à nossa vida breve.


Estás profundamente na pedra e a pedra em mim, ó urna
salina, imagem fechada em sua força e pungência.
E o que se perde de ti, como espírito de música estiolado
em torno das violas, a morte que não beijo,
a erva incendiada que se derrama na íntima noite
- o que se perde de ti, minha voz o renova
num estilo de prata viva.


Quando o fruto empolga um instante a eternidade
inteira, eu estou no fruto como sol
e desfeita pedra, e tu és o silêncio, a cerrada
matriz de sumo e vivo gosto.
- E as aves morrem para nós, os luminosos cálices
das nuvens florescem, a resina tinge
a estrela, o aroma distancia o barro vermelho da manhã.
E estás em mim como a flor na ideia
e o livro no espaço triste.


Se te apreendessem minhas mãos, forma do vento
na cevada pura, de ti viriam cheias
minhas mãos sem nada. Se uma vida dormisses
em minha espuma,
que frescura indecisa ficaria no meu sorriso?
- No entanto és tu que te moverás na matéria
da minha boca, e serás uma árvore
dormindo e acordando onde existe o meu sangue.


Beijar teus olhos será morrer pela esperança.
Ver no aro de fogo de uma entrega
tua carne de vinho roçada pelo espírito de Deus
será criar-te para luz dos meus pulsos e instante
do meu perpétuo instante.
- Eu devo rasgar minha face para que a tua face
se encha de um minuto sobrenatural,
devo murmurar cada coisa do mundo
até que sejas o incêndio da minha voz.


As águas que um dia nasceram onde marcaste o peso
jovem da carne aspiram longamente
a nossa vida. As sombras que rodeiam
o êxtase, os bichos que levam ao fim do instinto
seu bárbaro fulgor, o rosto divino
impresso no lodo, a casa morta, a montanha
inspirada, o mar, os centauros do crepúsculo
- aspiram longamente a nossa vida.


Por isso é que estamos morrendo na boca
um do outro. Por isso é que
nos desfazemos no arco do verão, no pensamento
da brisa, no sorriso, no peixe,
no cubo, no linho, no mosto aberto
- no amor mais terrível do que a vida.


Beijo o degrau e o espaço. O meu desejo traz
o perfume da tua noite.
Murmuro os teus cabelos e o teu ventre, ó mais nua
e branca das mulheres. Correm em mim o lacre
e a cânfora, descubro tuas mãos, ergue-se tua boca
ao círculo de meu ardente pensamento.
Onde está o mar? Aves bêbedas e puras que voam
sobre o teu sorriso imenso.
Em cada espasmo eu morrerei contigo.


E peço ao vento: traz do espaço a luz inocente
das urzes, um silêncio, uma palavra;
traz da montanha um pássaro de resina, uma lua
vermelha.
Oh amados cavalos com flor de giesta nos olhos novos,
casa de madeira do planalto,
rios imaginados,
espadas, danças, superstições, cânticos, coisas
maravilhosas da noite. Ó meu amor,
em cada espasmo eu morrerei contigo.


De meu recente coração a vida inteira sobe,
o povo renasce,
o tempo ganha a alma. Meu desejo devora
a flor do vinho, envolve tuas ancas com uma espuma
de crepúsculos e crateras.


Ó pensada corola de linho, mulher que a fome
encanta pela noite equilibrada, imponderável -
em cada espasmo eu morrerei contigo.


E à alegria diurna descerro as mãos. Perde-se
entre a nuvem e o arbusto o cheiro acre e puro
da tua entrega. Bichos inclinam-se
para dentro do sono, levantam-se rosas respirando
contra o ar. Tua voz canta
o horto e a água - e eu caminho pelas ruas frias com
o lento desejo do teu corpo.
Beijarei em ti a vida enorme, e em cada espasmo
eu morrerei contigo.


Herberto Helder

domingo, março 21, 2004



Há sol na rua


Há sol na rua
Gosto do sol mas não gosto da rua
Então fico em casa
À espera que o mundo venha
Com as suas torres douradas
E as suas cascatas brancas
Com suas vozes de lágrimas
E as canções das pessoas que são alegres
Ou são pagas para cantar
E à noite chega um momento
Em que a rua se transforma noutra coisa
E desaparece sob a plumagem
Da noite cheia de talvez
E dos sonhos dos que estão mortos
Então saio para a rua
Ela estende-se até à madrugada
Um fumo espraia-se muito perto
E eu ando no meio da água seca .
Da água áspera da noite fresca
O sol voltará em breve


Boris Vian

sábado, março 20, 2004



Não adianta atear mais o ateísmo
quando o poder de compra é directamente
proporcional à libido
e se dão voos grátis
nas portas caleidoscopais de todo lado


sob os títulos disponíveis
há um paraíso daltónico
cheio de inundações


o anel queima a pele no sentido
dos bombeiros do relógio
digo um nome
inacessível
que cai no esquecimento


por isso
existe sob o rótulo o preço
e nada escrevo


o lodo persegue os carneiros
o mar é tábua rasa sufocando a praia


Pedro Eiras

sexta-feira, março 19, 2004




Dorothea Lange


No meu país não acontece nada à terra vai-se pela estrada em frente (Ruy Belo)

quinta-feira, março 11, 2004






Não é por acaso que um fotógrafo se torna fotógrafo, tal como não é por acaso que um domador de leões se torna domador de leões


Dorothea Lange

terça-feira, março 09, 2004

Quase de nada místico


Não, não deve ser nada este pulsar
de dentro: só um lento desejo
de dançar. E nem deve ter grande
significado este vapor dourado,


e invisível a olhares alheios:
só um pólen a meio, como de abelha
à espera de voar. E não é com certeza
relevante este brilhante aqui:


poeira de diamante que encontrei
pelo verso e por acaso, poema
muito breve e muito raso,
que (aproveitando) trago para ti.


Ana Luísa Amaral

domingo, março 07, 2004



Sente-se
(nº 10 dos Poemas Relacionados com o «Manual para habitantes de cidades»)



Sente-se.
Está sentado?
Encoste-se tranquilamente na cadeira.
Deve sentir-se bem instalado e descontraído.
Pode fumar.
É importante que me escute com muita atenção.
Ouve-me bem?
Tenho algo a dizer-lhe que vai interessá-lo.


Você é um idiota.
Está realmente a escutar-me?
Não há pois dúvida alguma de que me ouve com clareza e distinção?
Então
Repito: você é um idiota.
Um idiota.
I como Isabel; D como Dinis; outro I como Irene; O como Orlando; T como Teodoro;
A como Ana.
Idiota.


Por favor não me interrompa.
Não deve interromper-me.
Você é um idiota.
Não diga nada. Não venha com evasivas.
Você é um idiota.
Ponto final.
Aliás não sou o único a dizê-lo.
A senhora sua mãe já o diz há muito tempo.
Você é um idiota.


Pergunte pois aos seus parentes.
Se você não é um I.
Claro, a você não lho dirão
Porque você se tornaria vingativo como todos os idiotas.
Mas
Os que o rodeiam já há muitos dias e anos sabem que você é um idiota.


É típico que você o negue.
Isso mesmo: é típico que o I negue que o é.
Oh, como se torna difícil convencer um idiota de que é um I.
É francamente fatigante.


Como vê, preciso de dizer mais uma vez
Que você é um I.
E no entanto não é desinteressante para você saber o que você é
E no entanto é uma desvantagem para você não saber o que toda a gente sabe.
Ah sim, acha você que tem exactamente as mesmas ideias do seu parceiro.


Mas também ele é um idiota.
Faça favor, não se console a dizer
Que há outros I.
Você é um I.


De resto isso não é grave.
É assim que você consegue chegar aos 80 anos.
Em matéria de negócios é mesmo uma vantagem.
E então na política!
Não há dinheiro que o pague.
Na qualidade de I você não precisa de se preocupar com mais nada.
E você é I.
(Formidável, não acha?)


Você ainda não está ao corrente?
Quem há-de então dizer-lhe?
O próprio Brecht acha que você é um I.
Por favor, Brecht, você que é um perito na matéria, dê a sua opinião.


Este homem é um I.
Nada mais.


Não basta tocar o disco uma só vez.


Bertolt Brecht

sábado, março 06, 2004



I AM he that aches with amorous love;
Does the earth gravitate? does not all matter, aching, attract all
matter?
So the body of me to all I meet or know.


Walt Whitman



Elevator - Miami Beach
From The Americans, © Robert Frank

terça-feira, março 02, 2004



ANIMAIS DOENTES


Animais doentes as palavras
Também elas
Vespas formigas cabras
De trote difícil e miúdo
Gafanhotos alerta
Pombas vomitadas pelo azul
Bichos de conta bichos que fazem de conta
Pequeníssimas pulgas uma sílaba só
Lagartos melancólicos
Estúpidas galinhas corriqueiras
Tudo tão doente tão difícil
De manejar de lançar de provocar
De reunir
De fazer viver


Ou então as orgulhosas
Palavras raras
Plumas de cores incandescentes
Altos gritos no aviário
E o branco sem uso
Imaculado
De certas aves da solidão


Para dizer
Queria palavras tão reais como chamas
E tão precárias
Palavras que vivessem só o tempo de dizer a sua parte
No discurso de fogo
Logo extintas na combustão das próximas
Palavras que não esperassem
Em sal ou em diamante
O minuto ridículo precioso raro
De sangrar a luz a gota de veneno
Cativa das entranhas ociosas.


Alexandre O'Neill

sexta-feira, fevereiro 20, 2004

Orla Marítima


O tempo das suaves raparigas
é junto ao mar ao longo da avenida
ao sol dos solitários dias de dezembro
Tudo ali pára como nas fotografias
É tarde de agosto o rio a música o teu rosto
alegre e jovem hoje ainda quando tudo ia mudar
És tu surges de branco pela rua antigamente
noite iluminada noite de nuvens ou melhor mulher
(E nos alpes o cansado humanista canta alegremente)
«Mudança possui tudo»? Nada muda
nem sequer o cultor dos sistemáticos cuidados
levanta a dobra da tragédia nestas brancas horas
Deus anda à beira de água calça arregaçada
como um homem se deita como um homem se levanta
Somos crianças feitas para grandes férias
pássaros pedradas de calor
atiradas ao rio em redor
pássaros compêndios de vida
e morte resumida agasalhada em asas
Ali fica o retrato destes dias
gestos e pensamentos tudo fixo
Manhã dos outros não nossa manhã
pagão solar de uma alegria calma
De terra vem a água e da água a alma
o tempo é a maré que leva e traz
o mar às praias onde eternamente somos
Sabemos agora em que medida merecemos a vida


Ruy Belo

quinta-feira, fevereiro 19, 2004

A mão no arado


Feliz aquele que administra sabiamente
a tristeza e aprende a reparti-la pelos dias
Podem passar os meses e os anos nunca lhe faltará

Oh! como é triste envelhecer à porta
entretecer nas mãos um coração tardio
Oh como é triste arriscar em humanos regressos
o equilíbrio azul das extremas manhãs do verão
ao longo do mar transbordante de nós
no demorado adeus da nossa condição
É triste no jardim a solidão do sol
vê-lo desde o rumor e as casas da cidade
até uma vaga promessa de rio
e a pequenina vida que se concede às unhas
Mais triste é termos de nascer e morrer
e haver árvores ao fim da rua

É triste ir pela vida como quem
regressa e entrar humildemente por engano pela morte dentro

É triste no outono concluir
que era o verão a única estação
Passou o solitário vento e não o conhecemos
e não soubemos ir até ao fundo da verdura
como rios que sabem onde encontrar o mar
e com que pontes com que ruas com que gentes com que montes conviver
através de palavras de uma água para sempre dita
Mas o mais triste é recordar os gestos de amanhã
Triste é comprar castanhas depois da tourada
entre o fumo e o domingo na tarde de novembro
e ter como futuro o asfalto e muita gente
e atrás a vida sem nenhuma infância
revendo tudo isto algum tempo depois
A tarde morre pelos dias fora
É muito triste andar por entre Deus ausente

Mas, ó poeta, administra a tristeza sabiamente.



Ruy Belo

terça-feira, fevereiro 10, 2004




Antoine d' Agata


Eros e Psique


Conta a lenda que dormia
Uma Princesa encantada
A quem só despertaria
Um Infante, que viria
De além do muro da estrada.


Ele tinha que, tentado,
Vencer o mal e o bem,
Antes que, já libertado,
Deixasse o caminho errado
Por o que à Princesa vem.


A Princesa Adormecida,
Se espera, dormindo espera,
Sonha em morte a sua vida,
E orna-lhe a fronte esquecida,
Verde, uma grinalda de hera.


Longe o Infante, esforçado,
Sem saber que intuito tem,
Rompe o caminho fadado,
Ele dela é ignorado,
Ela para ele é ninguém.


Mas cada um cumpre o Destino
Ela dormindo encantada,
Ele buscando-a sem tino
Pelo processo divino
Que faz existir a estrada.


E, se bem que seja obscuro
Tudo pela estrada fora,
E falso, ele vem seguro,
E vencendo estrada e muro,
Chega onde em sono ela mora,


E, inda tonto do que houvera,
À cabeça, em maresia,
Ergue a mão, e encontra hera,
E vê que ele mesmo era
A Princesa que dormia.


Fernando Pessoa
 
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